lundi 20 juin 2011
Entre Lumière et Ombre - Frédéric d'Houdetot et Madeleine Masseron 1778-1870
"Frédéric d'HOUDETOT et Madeleine MASSERON 1778-1870, Entre Lumières et Ombres" de Jean Hesbert HOUD, 2011, 16 x 24, 394 p., 24,90 €
Le mercredi ler mai 1811 se célèbre à Paris, le mariage religieux de Frédéric-Christophe d'Houdetot, préfet de l'Escaut et de Madeleine Masseron, dans une petite chapelle de la rue Saint-Louis-au-Marais. Frédéric est le petit-fils de Sophie-Elizabeth La Live de Bellegarde, l'amie platonique de Jean-Jacques Rousseau, celle que les littérateurs désignent comme la Comtesse d'Houdetot. Madeleine est la fille d'un éphémère conseiller au parlement de Rouen qui, malmené pendant la Convention, connaît les geôles rouennaises et parisiennes. Sa femme, Magdeleine Françoise, très fortunée,, divorce en son absence. Il décède peu après son retour, à Rouen. Les mariés sont orphelins. Ils ont en commun : - lui, d'avoir perdu sa mère, Louise Perrinet de Faugnes quand il avait trois ans : - elle, son père, Alexandre Masseron, à peu près au même âge. C'est aussi l'union de deux familles d'origine normande : les Houdetot sont de Haute-Normandie ; les Masseron ont leurs racines en Basse-Normandie. Là s'arrêtent les similitudes. Les Houdetot ont l'essentiel de leur vie à Paris. Les salons de la Comtesse attirent les plus beaux esprits de la fin du XVIIIe siècle. C'est une famille bien en vue. Mathieu Molé épouse Caroline de La Briche, cousine de Frédéric-Christophe. Derrière Madeleine Masseron se cache une mère dévorée d'ambition pour sa fille et très habile en affaires: Magdeleine Françoise Sébire de Boislabbé, qui a bien compris que l'avenir de sa fille passait par Paris. Tout semble réuni pour que cette union soit une réussite : - le mari, conseiller d'État, deux fois préfet en Belgique, puis dans le Calvados, pair de France, député à l'Assemblée nationale législative de la Seconde République et député au Corps législatif du Second Empire, de plus honoré de bien d'autres distinctions, - l'épouse bien jolie, un tendron de 18 ans, mais à peine de petite noblesse provinciale. Pourquoi alors Frédéric-Christophe d'Houdetot, baron de l'Empire, puis vicomte et comte, a-t-il épousé Madeleine Masseron ? Madeleine ne lui donne pas de descendant. C'est le drame de leur vie. Frédéric Christophe déploie alors une activité en tous sens. Elle mène pour sa part une existence sans lustre, encore que dans les salons elle gomme ses origines bien discrètes en se faisant appeler Pauline-Adélaïde Le Masseran. Celui qui éclairait le couple disparaît en 1859. C'est là pour une femme qui vit dans l'ombre, le début d'une période de pleine obscurité de onze ans, en retrait des mondanités de sa belle-famille. Elle décède en août 1870, délaissée de tous. Signe de l'échec de sa vie, elle laisse son patrimoine aller à ses ayants-droit au 7ème et 8ème degré dont elle ignore tout. C'est une aubaine pour Véronique Poirier-Ledesdet, issue d'une modeste famille de paysans des Pays de l'Ouest, qui peut se faire attribuer le bel hôtel du 12 rue de Tournon achevé de construire en 1778 par Michel Neveu.
jeudi 27 janvier 2011
Michel Neveu ou Charles Neveu ?
Aucun doute n’est plus possible sur le nom de celui qui a construit le 12 rue de Tournon. Ce n’est pas Charles Neveu. Il existe encore des interrogations pour savoir qui en était le véritable architecte.
C’est donc Michel Neveu qui en a été le constructeur et non Charles Neveu, comme aiment à la répéter la quasi-totalité des historiens, chroniqueurs et même auteurs contemporains. Cette opération s’est mal terminée pour Michel Neveu. On note ci-après qu’il ne décède même pas au 12 rue de Tournon.
Michel Neveu est décédé le 19 février 1788, rue de Vaugirard (archives de la Seine 5 Mi 1 1126).
A noter que le patronyme de la famille Neveu s’orthographie déjà à cette date Nepveu.
Extrait du registre de convoi de l’église paroissiale de Saint-Sulpice.
Le 25 février 1788, il a été fait le convoi et enterrement dans l’église de Michel Nepveu, architecte juré, entrepreneur de bâtiment époux de Marie-Geneviève Rousseau, décédé rue de Vaugirard, âgé d’environ 55 ans, témoin Charles François Nepveu, ancien maître épicier, frère du défunt, M. François Godot (ce patronyme est difficilement lisible) architecte entrepreneur des bâtiments du roi son beau-frère, Jean-Charles Nepveu, [son fils, 17 août 1769-30 novembre 1836] Auguste François Nepveu [son second fils 1777-1861] et de illisible [ peut-être son troisième fils Charles-Frédéric Neveu ] qui ont signé.
Collationné à l’original par moi, soussigné, prêtre et vicaire de ladite paroisse le 14 août 1792, signé Mahieu.
samedi 8 janvier 2011
Analyse d’une décision de classement douteuse
Analyse d’une décision de classement douteuse
Janvier 2011
L’immeuble du 12 rue de Tournon est classé depuis le 31 mars 1926 à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Ce classement est partiel : Façades sur rue et cour et fontaine en étain de l’appartement du rez de chaussée. L’histoire ne permet pas de dire si un tel classement à été effectué à la demande du propriétaire-gérant de l’époque, M. Ambroise de Montigny, médecin et maire de Louvigné-du-Désert en Ille-et-Vilaine.
Les propriétaires ont toujours veillé scrupuleusement au respect du caractère historique de cet immeuble. Il ne semblait pas à la plupart d’entre eux que le projet de pose de deux ascenseurs pouvait heurter le bon goût et le respect des choses anciennes.
Pourtant, malgré l’absence de protection particulière des escaliers, ce projet heurta régulièrement la sensibilité des architectes des bâtiments de France qui entendaient bien en empêcher la réalisation. Cela revenait à sanctuariser un tel immeuble, sans se préoccuper de la vie des gens qui l’habitaient et qui payaient pour son entretien. Il est clair qu’il existe en ce domaine, plusieurs poids et mesures. On voit, dans les beaux immeubles construits par Louis Le Tellier, rue Royale, coexister des splendides escaliers et de très beaux ascenseurs dans des cages de verre.
Au 12 rue de Tournon, les travaux où la pose devait avoir lieu, épargnaient l’escalier principal, notamment pour des raisons techniques. Le moteur placé à l’entresol y aurait été visible et aurait empêché l’accès à un appartement. Les deux escaliers de fond de cour où peuvent être installés les ascenseurs ne peuvent pas être vus par le public. Ceci est un test pour vérifier la bonne utilisation des critères du rayon de protection de 500 mètres permettant de vérifier la conformité des travaux envisagés au regard de la loi du 31 décembre 1913. Ces escaliers sont utilisés par les occupants des appartements desservis et accessoirement par ceux de l’escalier principal comme escalier de service. Ils ne sont pas visibles de l’intérieur de la cour, sauf à s’en approcher de quelques mètres. Les architectes des bâtiments de France de l’époque se comportent en proconsuls. Sans même demander le contenu technique des projets, ils brandissent la menace d’un classement d’office des escaliers, même si les copropriétaires en décidaient favorablement en assemblée : Lettre du secrétariat d’état à la culture du 31 août 1979.
Aussi la position de l’administration permet-elle à certains copropriétaires - très minoritaires - de faire intervenir en 1990 celle-ci avec une réactivité étonnante, lorsque le premier projet de pose d’ascenseur est voté par l’assemblée. La décision de l’assemblée porte sur la construction d’un ascenseur dans l’escalier fond cour droite. L’administration ne s’embarrasse pas de savoir si les requérants sont en accord avec les règles de fonctionnement de leur démocratie qu’est leur copropriété. Dans le plus grand secret, les minoritaires obtiennent un classement préventif portant sur la totalité de l’immeuble. Ils bloquent ainsi toute tentative. Avec des escaliers de l’immeuble classés, les architectes des bâtiments de France refuseront de donner leur accord, et les poses des ascenseurs ne pourront pas être exécutées. C’est le triomphe des minoritaires, habitant les étages bas, et donc peu, voire pas du tout, concernés par ces dépenses d’investissement. L’arrêté de classement du 11 avril 1990 est punitif. On peut l’interpréter comme suit : Puisque la majorité des copropriétaires n’a pas assez de goût ni d’éducation, toute décision qu’elle devra prendre, même si la majorité est atteinte, sera encadrée par les architectes des bâtiments de France. Même les parties privatives souvent dénuées de tout intérêt artistique - nous ne disons pas architectural - sont classées. Cette décision est monstrueuse : les appartements ont subi pour la plupart des modifications de structure et ne portent plus de trace d’éléments du XVIIIe siècle. Le dossier de classement consultable au ministère de la Culture rue de Valois, contient des photos de cheminées de type haussmannien, mais aucun élément de nature artistique véritable, sauf des vues de l’appartement de 1er niveau entre cour et jardin. Le jardin qui n’offre qu’un piètre intérêt est classé. Quel intérêt ? La décision de classement le nomme «jardin de l’hôtel d’Entragues ». Les sources bibliographiques du dossier de classement font référence à un seul ouvrage, celui de Louis Hautecoeur sur les quartiers de Paris, comportant de nombreuses inexactitudes pour le 12 rue de Tournon, ainsi qu’un dessin de la façade arrière de l’immeuble de M. Michel Gallet intitulé : « Neveu - his mansion », titre forcément inexact car cet immeuble n’a jamais été une demeure privée. Les caves, qui sont un magnifique exemple de stéréotomie, sont oubliées. Ce processus est bâclé. Il ne sert qu’à satisfaire les intérêts mal compris de quelques uns. Les architectes des bâtiments de France ne se font pas prier pour autoriser la pose d’éléments de cuisine ou de chauffe-eau. C’est une atteinte à la liberté et à la propriété privée, sans contrepartie, en fait une atteinte aux droits de l’homme. Dans le processus de classement, la plupart des appartements n’ont même pas été visités. Manifestement, il y a abus de pouvoir. Heureusement, la France est un pays de droit. Deux copropriétaires vont déposer une requête devant le tribunal administratif pour obtenir l’annulation du nouvel arrêté de classement.
Avant même que les premiers juges du tribunal administratif n’annulent ledit arrêté, le ministère conscient du danger que son classement peut faire naître, notamment vis-à-vis de l’opinion, demande au préfet de révoquer son premier arrêté de classement total du 11 avril 1990 ; Le préfet de l’Île de France par arrêté du 6 décembre 1990, revoit à la baisse ledit classement. Le classement de l’immeuble est total –sauf les parties privatives-, mais un appartement qui présente encore un caractère d’origine reste classé dans son intégralité. Les deux copropriétaires ayant intenté le recours devant le tribunal administratif, estimant que la paix de la copropriété pouvait être satisfaite par le contenu de ce nouvel arrêté, renoncent à toute nouvelle procédure.
Puis l’affaire vient à l’audience du tribunal administratif. Il estime dans son jugement du 11 juin 1992 que : « La décision d’inscrire l’immeuble dans sa totalité a été prise en violation des dispositions réglementaires ». Il s’agit bien du 1er arrêté. L’administration avait anticipé cette décision. Le second arrêté, celui du 6 décembre 1990 est en fait conforme au jugement du tribunal. Aussi, c’est une victoire à la Pyrrhus pour l’un de requérants [J.H] qui avait stigmatisé le défaut de fondement du classement des appartements. Sa requête devient sans objet. Mais il existe encore un vice dans le nouvel arrêté de classement. Il a été pris avant que la COREPHAE ne se réunisse. C’est dire avec quelles méthodes d’urgence ce second classement a été effectué. En 1993, la COREPHAE (Commission régionale du patrimoine historique, archéologique d’Île-de-France) est de nouveau saisie, sans qu’il soit fait état explicitement des litiges précédemment portés devant la juridiction administrative. Puisqu’il ne peut plus y avoir de recours possibles, l’heure des proclamations sans retenue est arrivée. Le rapporteur, Mme Mahaux propose alors l’inscription à l’ISMH de façades et toitures sur rue, sur cour et jardin du passage cocher de l’escalier d’honneur et de son vestibule des escaliers des ailes nord-ouest et sud-ouest sur cour, des sols de la cour et du jardin enfin de la fontaine intérieure. L’inspecteur général des monuments historiques M. Christian Prévost-Marcilhacy affiche des ambitions de classement étendues pour la partie droite de la rue de Tournon. Il écrit le 26 septembre 1989 de manière erronée que « cet immeuble a été construit par Charles Neveu, que …l’immeuble mitoyen du 14 de la rue de Tournon sur l’emplacement du petit hôtel d’Entragues devrait être aussi classé, ayant été aussi construit par Neveu. » Le 14 rue de Tournon est épargné. Cette copropriété ne sera jamais inquiétée par les architectes des bâtiments de France. Elle y construit même un ascenseur dans la cour où se situe une fontaine classée ! Mme Nebout se demande au cours de cette réunion ce qui pourra garantir la conservation du jardin, vu le nombre de parkings sauvages. A-t-elle vu seulement l’immeuble ? Peut-être pense-t-elle que l’on peut faire passer les véhicules par la voie des airs ! M. Bourely propose l’inscription de la totalité de la parcelle. M. Jacquart, au nom de son importance architecturale [les immeubles du côté pair de la rue de Tournon] et de sa place dans l’histoire architecturale de la ville de Paris souhaiterait étendre cette mesure à tout le quartier. L’immeuble est classé en totalité, sauf les parties privatives, le 28 juin 1993.
Un second projet d’ascenseur voté en assemblée générale voir le jour en 2005. Il est inscrit dans le cadre du respect des dispositions de classement. Son exécution doit être particulièrement soignée. Les copropriétaires estiment en assemblée qu’il peut parfaitement s’intégrer dans un cadre sauvegardé. La majorité est obtenue. L’architecte des bâtiments de France, Nathalie Chazelette, menace. Le 4 juillet 2005 appelée en consultation, elle écrit : « A toutes fins utiles, je vous informe que ce type de dénaturation a fait l’objet de contentieux faisant jurisprudence et obligeant à la restitution de l’état d’origine ».
Le ministre de la Culture passe outre l’avis de l’architecte des bâtiments de France, encore défavorable à ce second projet. La copropriété dépose deux permis de démolir qui sont acceptés. Ils portent sur surface de 3m2 dans chaque escalier du fond. Le dernier jour du dépôt d’un tel recours, trois copropriétaires totalisant 7 % des tantièmes de l’immeuble déposent avec une association vindicative, un recours non pas gracieux mais contentieux. Ils ne veulent pas le dialogue, mais l’écrasement des usurpateurs du bon goût et des arts. Puis deux se désistent [époux et épouse V.K]. Celui qui reste en lice, éphémère occupant de l’immeuble, (2% des tantièmes), fantôme des assemblées générales, résidant à l’étranger, voulant que soit conservée l’atmosphère du XVIIIe siècle de l’immeuble, paralyse la construction du second ascenseur (le premier étant posé avant le recours) en faisant un référé administratif. Le juge suspend la validité du permis de démolir. La cour d’appel administrative saisie pour examen de la validité de la décision de référé décide par ordonnance du 7 juillet 2008 de renvoyer l’affaire au tribunal administratif pour que celle-ci soit jugée au fond.
C’est l’objet de la décision qui vient d’être rendue : Jugement du tribunal administratif du 17 décembre 2010 (7èmesection , 2ème chambre).
Cette décision déboute les demandeurs à l’annulation du permis de démolir du 26 septembre 2007, Elle écarte les prétentions des demandeurs à l’annulation en confirmant que chaque partie prenante au processus de décision avait bien compétence pour en décider, y compris les copropriétaires, à qui il était fait ce grief. Elle écarte le moyen par lequel le directeur de l’architecture et du patrimoine et le maire de Paris auraient dû refuser le permis de démolir sur la base de ce que la protection ou la mise en valeur des quartiers des monuments et des sites pouvait être compromise.
Chacun peut constater l’absence de dénaturation du caractère de l’immeuble du fait de la pose du premier ascenseur.
mardi 21 juillet 2009
1778 : Les premiers occupants du 12 rue de Tournon.
L’analyse des baux de 1778 est intéressante parce qu’elle permet de dater la fin de la construction de l’immeuble La date de mai 1778 est celle qu’il fait retenir. Les débuts de l’exploitation de cet immeuble à loyers sont laborieux. Non seulement les baux se signent lentement, mais peu d’appartements sont occupés. De plus la configuration des lieux ne plait pas aux occupants (premier bail). Quant à la décoration, elle est également contestée. C’est un fait que l’on connaissait puisque c’est la famille Lesage lors de l’acquisition de l’immeuble qu’elle fera à Michel Neveu et son épouse neuf ans plus tard, en 1787, posera les glaces dans les appartements qui en étaient le plus souvent démunis. La configuration des appartements apparaît beaucoup plus compliquée qu’à l’heure actuelle. La cuisine est le plus souvent située à l’étage supérieur et accessible par un escalier intérieur. Enfin, on note que l’appartement auquel on monte par le perron ainsi la partie qui lui correspond et qui est à demi –enterrée et qui permettent d’accéder au jardin ne font pas l’objet de location. On peut en déduire que la famille Neveu y vivait . Les prix sont intéressants . Ils évoluent dans une moyenne de 1.000 livres par an .
Le premier bail de la maison de la rue de Tournon « proche de l’Hôtel de Nivernais » fut signé entre Michel Neveu ainsi que son épouse Marie Geneviève Rousseau, habitant toujours rue du Four avec Dame Charlotte, Madeleine , Bernard d’Epaux, veuve de Jean – Nicolas d’Epaux, bourgeois de Paris, le 18 mars 1778 . Il portait sur un logement que Sieur et Dame Neveu « font bâtir actuellement ». Mais la preneuse n’apprécie pas la distribution des pièces et avant d’y emménager désire que Neveu effectue des aménagements et appose des boiseries pour l’embellir. En effet tel quel l’appartement ne plait pas à la Dame d’Epaux. Il est demandé à Neveu de faire boiser entièrement le Salon, le faire parqueter, garnir les croisées en verre. C’est l’appartement du deuxième étage au –dessus de l’entresol accessible par le grand escalier accessible par la porte cochère , plus une cuisine accessible par un escalier intérieur au troisième étage, un garde meuble au cinquième étage dans les combles, dans le cour un bûcher pour douze stères de bois qui est loué 1.200 livres sont payés par la Dame d’Epaux en contrepartie des modifications. Le loyer sera de 800 livres payables en quarts égaux le premier commençant le 1er juillet 1778. Les parties font élection dans leur demeure jusqu’à leur entrée dans la rue de Tournon.
Dans l’intervalle, jusqu’à ce que les appartements se remplissent de locataires, les besoins d’argent sont toujours aussi pressants. Le 11 avril 1778 , Michel Neveu et Geneviève Rousseau habitant encore rue du Four empruntent à Annne Charlotte Du Tôt , Comtesse de Bretel, veuve de Henry de Bretel, habitant Saint Germain en Laye, la somme de 12.000 livres constituant pour le prêteur une rente de 600 livres.
Le second bail est conclu le 9 mai 1778 Marie Desprez avec la Veuve de François Gallet, bourgeois de Paris, demeurant Paroisse Saint Germain l’Auxerrois. Le prix de la location est de 800 livres par an plus 24 livres pour le portier, pour l’appartement au troisième étage au-dessus de l’entresol donnant sur cour et rue.
Le troisième contrat bail est signé le 17 mai 1778 avec jouissance au 1er octobre 1778, sans doute pour que les derniers travaux se terminent . Le preneur est Marie Adelaide Delatourée veuve de Pierre Carré de Saint Pierre, avocat au Parlement, qui au moment de la signature demeure rue des Fossés Monsieur le Prince. Pour l’appartement sis au 1er étage entre cour et jardin elle paie un loyer de 1.250 livres par an . Le premier paiement viendra à échéance le 1er janvier 1778. Le locataire y restera six ans.
Le quatrième bail est conclu le 24 août 1778 avec l’abbé Hyacinthe Bouniol de Montagut, substitut de la Cour de France aumônier ordinaire de Madame Elizabeth, demeurant à Versailles, rue de l’Orangerie, Paroisse de Saint – Louis. Le prix pour l’appartement du second étage accessible par l’escalier droite est de 1.200 livres plus une contribution de 50 livres pour le portier. Le bail se terminera le 2 décembre de la même année.
Les rentrées d’argent ne se font pas aussi rapidement que prévu. Un nouvel emprunt de 5.000 livres est fait le 8 octobre 1778 auprès de Etienne Letondaux et sa femme Aimée Lazare produisant 400 livres de rente sur un capital emprunté de 5.000 livres
Le cinquième bail se signe le 20 octobre 1778 avec Guillaume Faipoult de Maisoncelles, écuyer, ancien officier au corps royal de Génie et de Madame Marie Claude Bergerat son épouse, demeurant rue Sainte Hyacinthe, Paroisse Saint Cosme. Pour l’appartement du deuxième étage accessible par l’escalier gauche, il est demandé 1.000 livres par an.
Le sixième contrat de bail est signé le 14 octobre 1778 entre les époux Neveu et Marie Madeleine Clémence de la Chambre. Celle –ci réside quai Dauphin, près Saint Louis, Paroisse Notre Dame. C’est l’appartement du 3ème gauche accessible par l’escalier de droite qu’elle occupe. Il lui est demandé 750 livres de loyer par an. Elle demeurera dans l’immeuble jusqu’en 1784.
Enfin le dernier bail, soit le septième de l’année, est signé le 22 décembre 1778 entre les époux Neveu et Monsieur Louis de Carouge des Bornes avocat au Parlement et Charlotte Jouannin son épouse. Ils prennent l’appartement du deuxième étage entre cour et jardin accessible par le fond cour . C’est le prix le plus élevé que Neveu obtient : 1.500 livres plus 50 livres pour les gages du portier. La première échéance interviendra le 1er juillet 1779.
lundi 20 juillet 2009
La découpe des Hôtels d’Entragues ( 1774)
L’acquisition des terrains et des deux hôtels d’Entragues par Michel Neveu est intervenue à compter du 6 mai 1774. Des actes ont encore été signés deux ans plus tard du fait du montage complexe de cette opération.Ces biens étaient la propriété de la veuve d’Antoine Bergognion, seconde femme de celui-ci : Marie –Jeanne Lafont. Cette dernière était âgée, et ne pouvait plus conduire convenablement l’exploitation des deux hôtels où son défunt mari, traiteur de sa profession, avait assuré avec succès le gîte et le couvert à de nombreux hôtes de passage à Paris. Très endettée, Marie- Jeanne Lafont se décide à vendre les deux Hôtels et leur terrain. Quel prix ? Son mari avait dans le cadre d’une procédure de règlement collectif acquis ces biens des créanciers d’Etienne Rousseau pour 142.000 livres le 28 octobre 1740.
Trente quatre ans plus tard, ne voulant pas se trouver dans une situation analogue, elle décide de faire affaire avec Michel Neveu. Le prix convenu est de 160.000 livres et trente deniers dont 1.500 livres pour les boiseries. Neveu, dont les moyens financier sont limités, va faire preuve d’imagination pour qu’il puisse répartir les risques sur cette opération de grande envergure sur d’autres intervenants, sans lâcher la conduite du projet .Son conseil est Monsieur Trutat, notaire.
Neveu se trouve identifié dans l’almanach royal non pas comme architecte, mais comme expert entrepreneur. Les experts jurés ont été créés par un Edit de mai 1690 pour passer les rapports visites, prisées, estimations de tout ce qui concerne les bâtiments, ensemble les licitations, servitudes, alignements, cours d’eau, chaussées, arpentage, comme aussi tout ce qui a rapport aux bâtiments, charpentiers, menuiserie et tous autres. L’Almanach les divise en deux catégories : 1 ère colonne : architectes et experts bourgeois, 2 ème colonne : Experts entrepreneurs ou Neveu figure à partir de 1771 (page 423, domicilié rue du Four) jusqu’à 1788 (page 535, domicilié rue de Tournon). Néanmoins, dans les actes d’acquisition, il se fait désigner volontiers par les notaires comme architecte juré expert. En 1787, Michel Neveu mettra fin à ses activités professionnelles et revendra le bien de la rue de Tournon à Jean Baptiste Lesage le 16 février 1787 pour 340.000 livres, réalisant a priori une belle opération, mais peut –être aussi contraint de le vendre.
En 1774, alors que la spéculation immobilière bat son plein à Paris, Michel Neveu réalise une opération risquée. Il ne possède quelques biens. L’acte de 1774 les énumère puisqu’il les donne en hypothèque: une maison située en cette ville rue de Richelieu sur le Palais Royal louée 7.300 livres au sieur Lebrun apothicaire de Monsieur le Duc d’Orléans , plus une maison rue des Boucheries Saint Germain louée en totalité 1.440 livres et dont le Sieur Barois occupe une partie de laquelle maison rue des Boucheries, il leur appartient plus de moitié, une autre maison rue des Fossés Saint Germain des Près louée 900 livres par les sieurs et dame Bourjot épicier et une autre maison située rue Saint Jacques près de la rue Sainte Hyacinthe louée au sieur Aubertin limonadier cent livres desquelles deux dernières maisons lui appartiennent plus que moitié. On doit en conclure que Michel Neveu n’était que locataire rue du Four, sa résidence précédente à la rue de Tournon.
Les terrains sur lesquels sont situés les Hôtels d’Entragues avaient une superficie de 1.037 toises, 37 pieds et 13 pouces.[ se reporter au document figurant sous « images »]. Cette surface était tout à fait comparable à celle de l’Hôtel du Duc de Nivernais, voisin au nord, donnant aussi sur les rues de Tournon et Garancière. Cette impression s’en déduisait à la lecture du Plan de Turgot. Michel Neveu va diviser cette surface en trois parties, qui vont donner à peu de choses près la configuration des parcelles du cadastre actuel. Le premier lot, correspondant peu ou prou au Petit Hôtel d’Entragues d’une superficie de 164 toises et 15 pouces sera acquis par René Auguste Simon, architecte juré pour une somme de 36.000 livres. C’est le 14 rue de Tournon actuel. Michel Neveu conserve la partie centrale qui correspond au 12 rue de Tournon actuel et l’achète pour 59.428 livres. La superficie est de 571 toises 10 pieds et 3 pouces. C’est la vente de la partie au nord au Duc de Nivernais d’une surface de 322 toises, 12 pieds et 10 pouces au prix de 64.592 livres et trente deniers , composée de trois éléments : 83 toises, 12 pieds sur la rue de Tournon, correspondant à une partie bâtie de l’actuelle garde républicaine, le terrain qui suit et qui va jusqu’à la rue Garancière de 202 toises 14 pieds et 4 pouces, et le coude saillant dans l’alignement du futur 12 rue de Tournon, 37 toises, 4 pieds et 6 pouces .De ce fait, l’emprise de ce qui va devenir le 12 rue de Tournon est réduite de 24 toises 2 pieds 6 pouces à 14 toises, par rapport à celle qu’avait l’Hôtel d’Entragues sur la rue, 5 toises étant en symétrie : à gauche ( au sud ) pour le 14 rue de Tournon et à droite (au nord ) pour l’Hôtel de Nivernais. Le Duc est celui qui contribue le plus financièrement à cette opération. Il paie sa part 64.592 livres et trente deniers .
On rappellera qu’une toise vaut 6 pieds et correspond à 1,949 mètre. Une toise carrée est égale à 3,799 mètres carrés. L’opération est complexe sur le plan technique. Il faut refaire ou construire de nouveaux murs mitoyens. Il faut démolir ou réparer les bâtiments, ceci laissant penser qu’une partie du 12 rue de Tournon est composée d’une partie des bâtiments de l’ancien Grand Hôtel d’Entragues. Il faut démolir, déblayer tout ce qui se trouve sur le terrain vendu au Duc de Nivernais. Le tout est rendu plus difficile par le fait que la venderesse la Veuve Bergognion continue à habiter dans les lieux. Neveu lui fait un bail de 15 mois à compter du 1er juillet 1774, pour une somme de 3.000 livres par an. Michel Neveu est l’artisan de cette entreprise. Il est désigné comme seul acquéreur des biens, ayant la possibilité d’en céder une partie à Monsieur Simon et au Duc de Nivernais. Tous trois sont délégués par la Veuve Bergognion à ses créanciers pour se substituer comme débiteurs à celle-ci et y être subrogés lors de leurs paiements. Des comptes très précis de ces paiements et acomptes seront faits. L’acquéreur et les deux sous-acquéreurs s’engageront personnellement. Simon qui semblait ne pas être marié, en son propre nom. Le Duc de Nivernais fera intervenir à un acte son épouse, Hélène Françoise Angélique Phélyppeaux de Pontchartrain. Neveu fera garantir l’opération par Marie –Geneviève Rousseau son épouse. L’occupation des appartements par les locataires a pu commencer entre mars et juin 1778. Cette construction a dû être un bel exemple de coordination et constituer un chantier gigantesque pour l’époque, mené rapidement. Témoins de ces achèvements, lors de travaux réalisés en 1991 dans l’appartement du 1er étage rue sur entresol, entre deux moellons d’un mur intérieur, il fut retiré deux documents ; le premier correspondait à un exemplaire du Courrier de l’Europe, gazette politique fondée en Angleterre, pages 357 à 361, (événements du 17 octobre 1778 à 26 novembre 1778), l’autre était un précis de grammaire française dont la datation est antérieure.
Les créances dues par la Veuve Bergognion finiront d’être remboursées en décembre 1776. Un état joint aux actes de vente indique que Michel Neveu avait emprunté 418.116 livres pour mener à bien cette opération : 216.429 sous forme de rentes, 133.550 sous forme d’obligations et 68.137 sous forme de billets. Parmi les obligations souscrites, on en relève une de 15.000 livres à échéance du 1 er janvier 1788 au profit de Peyré architecte. Peut –être celui-ci a-t-il contribué à dessiner la façade du 12 rue de Tournon ?
Apparemment lucrative l’opération de la rue de Tournon ne l’a peut être pas été du tout. Michel Neveu n’aura habité l’immeuble qu’il a fait construire, que 14 ans, sans pouvoir le léguer à ses deux fils : Charles Frédéric qui fera modifier son état –civil, Jean Charles et sa fille Catherine . Lors de la revente aux Lesage deux ans avant la Révolution, en 1787, Michel Neveu déléguera sur les 340.000 livres formant le prix de la vente, une somme de 100.400 livres pour payer divers créanciers, la veuve Bergognion, toujours en vie, restant aussi créancière de 1.500 livres au titre d’une rente perpétuelle de 30.000 livres consentie à Michel Neveu. Seulement 100.000 livres apparaissaient disponibles pour payer Neveu. Jean – Baptiste Lesage s’était engagé à les payer en quatre parties à peu près égales du 13 juillet 1788 au 30 janvier 1792. La Révolution a dû mettre à mal ce schéma de remboursement.
mercredi 10 juin 2009
Michel Neveu
Archives nationales MC - ET/ XCII/786
Vente Villetaneuse/Cellerier du 25 octobre 1776
Généalogie de la famille Neveu
Contenu : Vente d’un terrain par les héritiers Jamier dont la veuve de Charles Neveu en août 1771 à Michel Neveu et son épouse. Donc ce ne peut être Charles Neveu qui a « construit » l’immeuble du 12 rue de Tournon comme cela est souvent affirmé puisque l’acte qui suit indique que son épouse était veuve à cette date. Rappelons que Henri Neveu et sa femme ont acquis les terrains et les bâtiments des deux hôtels d’Entragues par divers actes passés le 6 mai 1774 et en juillet 1774 .
On notera que les permis de balcon déposé lors de la construction du 12 rue de Tournon est daté du 26 juillet 1776, et que le permis de pilastre pour la rue Garancière
Décembre 1771 Michel Neveu et son épouse revendent à Villetaneuse, lequel revend à Cellerier en 1776.
Par devant le Conseiller du Roi notaire au Châtelet de Paris soussigné, fut présent Charles Théodore Godefroy de Villetaneuse, écuyer, demeurant à Paris, place Dauphine paroisse Saint Barthélémy.
Lequel a vendu et promis garantir de tous troubles pour souscrire dettes hypothèques évictions, substitutions aliénations et autres empêchements généralement quelconques à Sieur Jacques Cellerier, architecte demeurant à Paris, rue Vivienne, paroisse de Saint Eustache- au présent et acceptant acquéreur pour lui son hoirie et ayants cause.
Un terrain en marais et contenant un arpent et demi … sis au terroir de Montigny après le Montparnasse tenant d’une borne au sieur de la Haye de l’autre borne et par derrière aux mesurables et par devant sur le nouveau Boulevard , tenu à loyer sur un bail de forme irrégulière par le nommé Gandon jardinier.
Plus une portion de terrain sise de l’autre côté dudit Boulevard en face dudit marais et indépendant ainsi que le tout, se poursuit et comporte d’après les titres qui seront ci après énoncés sans en rien accepter retenir ni réserve, mais sans aucune garantie de la mesure.
Appartenant à Monsieur de Villetaneuse comme l’ayant acquis du sieur Michel Neveu, architecte juré expert entrepreneur de bâtiment et Dame Marie Geneviève Rousseau son épouse de lui autorisée par contrat passé devant Maître Dosfant notaire à Paris qui en a minuté et de son confrère le trois décembre 1771 après ensaisine pour le revenu de l’abbé de Saint Germain et insinué à Paris le douze dudit mois et an.
Le sieur et dame étaient propriétaires au suivi de la vente qui leur en avait été faite par contrat dûment insinué et ensaisiné par devant Maître Dosfant notaire qui en a minuté son confrère le premier août audit 1771 par le sieur François Bernard , bourgeois de Paris , dame Marie Louise Bernard veuve de Charles Neveu marchand épicier demeurant à Paris et Marguerite Thérèse Jamier fille majeure tous héritiers de Demoiselle Marguerite Françoise Bernard . Ladite demoiselle en avait droit comme seule représentant Simon Bernard Marie et de Marguerite Jamier son épouse. Son père qui avait acquis le terrain avec aucun objet de Christophe Carreau bourgeois de Paris et de Marie Jamier sa femme de la vente autorisée par contrat passé par devant M Desmeure notaire à Paris qui en a gardé minute et son confrère le 23 janvier 1727 dans lequel le terrain est désigné en ces termes un arpent et demi faisant partie de trois arpents compris au sein du terroir de Montigny à prendre depuis le Montparnasse jusqu’au chemin de Vaugirard aux Carmes Déchaussés l’autre partie des trois arpents étant comprise dans le plan fait du tout.
Le dit sieur Carreau Antoine propriétaire comme s’étant rendu adjudicataire avec autres pour licitation du Châtelet de Paris du 14 septembre 1697 sur laquelle adjudication volontaire adjugé sentence…
mardi 9 juin 2009
Qui demeurait au 12 rue de Tournon de 1900 jusqu’en 1950 ?
Qui demeurait au 12 rue de Tournon de 1900 jusqu’en 1950 ?
Description par l’administration de l’immeuble du 12 rue de Tournon en 1901
Entrées de cochère et croisées de face, corps de logis renfermant une cour de trois cent soixante quinze mètres carrés. Bâtiment double sur rue et au fond de cour, simple sur les côtés, élevés sur caves, de rez de chaussée, entresol, quatre étages carrés, cinquième sous comble. Construction en pierre moellons, pans de bois, jardin de trois cent cinquante mètres carrés, par le passage au fond, bâtiment rue Garancière 13, avec porte cochère et cour de rez de chaussée à usage d’écurie et remises au rez de chaussée. Petites chambres aux étages.
Nota : Les données fournies ci –après sont issues quasi exclusivement d’archives publiques respectant l’expiration du délai de communication de 50 ans, ici calculé à compter de la signature des baux ( Loi 2008-696, J.O du 16 juillet 2008). C’est la raison pour laquelle, cet inventaire ne sera pas suivi d’un autre, portant une date postérieure.
Les baux conclus avec les locataires ont été soumis à partir du 1er septembre 1948 à un régime de loyers conventionnés, fixés chaque année par décret (régime de la loi de 1948), calculés en fonction de la surface « corrigée » du logement. Ce dispositif tant qu’il a été applicable au 12 rue de Tournon, procurait un droit pour les locataires au maintien dans les lieux, transmissible à leurs héritiers (conjoint, ascendants, enfants mineurs vivant avec le locataire depuis plus d'un an). Le 12 rue de Tournon bénéficiait d’un classement défavorable à ses propriétaires, par le fait qu’il n’y avait par exemple, ni ascenseur pour cet immeuble de grande hauteur [environ 160 marches pour les logements situés au niveau le plus élevé], ni tapis sur les escaliers… éléments d’inconfort qui déterminaient le niveau de classement. La libération progressive du régime dans les années 80 a
Rez de chaussée – boutiques |
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Gauche |
Droite |
1880 Lechevallier Paul ( habitant 2 rue Dupuytren), puis Srl Librairie scientifique de Jacques Lechevallier et Editions Paul Lechevallier. |
La Flèche, SA Alsatia 10 rue Bartholdi à Colmar, Bernstein, Centrale de documentation du livre français, SA Editions Défense de la France et enfin Centrale française de diffusion***. |
Remises pour deux voitures |
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Gauche |
Droite |
Delbet, Forrer |
Lemoine ( tapissier, 7 rue de Tournon), Boutel, 7 rue Lobineau. |
Immeuble donnant sur la rue de Tournon |
Gauche |
Droite |
Entresol |
Guilbert, Mollet –Vieville ( avocat), de Penfentenyo de Kerveguen Christophe.. |
Barbier ( médecin) |
1er étage |
Laugier, Hippolyte de Montigny |
Vve Oster, Colonna d’Istria |
2 ème étage |
Lefevre (Vve), Jehanne de Montigny |
Cendrier Jules, Cendrier Alexis, Pouthier |
3 ème étage |
Dussouchet***, Bouvier Philippe |
Godefroy Vve, Revillon d’Apreval, Dutaret Alain, époux de Edith Neveu tous deux avocats). |
4 ème étage et au dessus |
Dupuy de Frenelle, Tourniquet ***, Mme de Quelen, Gimenez, Etienne Gibert, Mlle Ribaud, Bodin, Hayez, Macé, Granier, Migault, Tourniquet, Enfroy. | |
Partie de l’immeuble Escalier Gauche Cour |
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2ème étage |
Bondoux, Bollaert |
3 ème étage |
Barles, Mlle Avril, Colonel Laugier, Pierre Laugier (avocat) |
4 étage et au –dessus |
Héritiers de Montigny et Corbinais, Laffont, Lubin, Bazire, Le Strat, Bernet Augustine. |
Partie de l’immeuble Escalier Droite Cour |
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Entresol |
Kleber *** |
1re étage |
Pierron de Mondésir Berthe, Calmar |
2 ème étage |
Filipacchi***, Chambon, Forrer ***. |
3ème étage |
Docteur Sirvin, Cornilleau puis Veuve Cornilleau |
4 ème étage |
Batis, Ney Charles ***, Lemoine, Delavaud, Bessi, Foucheyrand |
Fond cour centre |
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Appartement souterrain |
Delbet, avec jouissance du jardin |
Appartement accessible par 10 marches |
Kleber Maurice***, petits enfants Vollant |
***Boutique à droite : L’imprimerie JOUVE et la société FERNAND NATHAN |
*** « .Blanchet frères et KLEBER " ont été des fabricants de papier à Rives (Isère). Ils s'étaient associés en 1820 pour créer la première papeterie industrielle connue sous le sigle BFK. |
*** Anne-Marie Jouvet-FORRER est la fille de Louis Jouvet |
***TOURNIQUET : On trouvera sur le web :http://www.humanite.fr/-+2004-08-28_Tribune-libre+- ,un récit émouvant de la libération de Paris en 1944, écrit par Jeannine Tourniquet, fille des gardiens de l’époque du 12 rue de Tournon : Monsieur et Madame Charles NEY , dans le Courrier des lecteurs de l'Humanité du 28 août 2004 : « Des locataires de la rue Tournon |
*** DUSSOUCHET :mentionné dans la période précédente. |
Qui demeurait au 12 rue de Tournon Tournon de 1876 jusqu’à la fin du siècle ?
Qui demeurait au 12 rue de Tournon de 1876 jusqu’à la fin du siècle ?
L’administration décrit en 1876 cet immeuble comme suit :
Le 12 rue de Tournon appartient à Madame POIRIER veuve LEDESDET cousine, héritière au septième degré de Madeleine Masseron, qui l’a acquis par voie d’adjudication le 22 février 1872 pour la somme de 512.000 francs. A ce bien s’ajoute le 13 rue Garancière. L’immeuble se compose d’une entrée de porte cochère, 9 croisées de face, un corps de logis enfermant une cour de trois cent soixante quinze mètres carrés, bâtiments doubles sur la rue et au fond de cour, simples sur les côtés, élevés sur caves, d’un rez de chaussée, entresol, quatre étages carrés, le cinquième sous combles. Construction en pierre, moellons et pans de bois ; jardin de quatre cent cinquante six mètres carrés, par passage au fond donnant rue Garancière 13, avec cochère et cour, de rez de chaussée, premier et deuxième étage, usage d’écuries et remises …
Cour |
Gauche cour |
Droite cour |
Magasin |
Beauvais puis Moreau puis Coulomb épicerie de détail , Colin tonnelier à façon |
Guckert tapissier, puis Boussard Industriel d’images |
Rez de chaussée |
Gauche |
Droite |
Magasins : surface de 105 mètres carrés |
Guelhert ( Tapissier), puis Pucherk ( Tapissier) , puis Passerat ( Tapissier ) |
Brochin ( curiosités), puis Ferrandi ( Ferrailleur), puis Laflèche ( fabricant d’encres) |
Remises à voitures ( deux voitures) |
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Tisserand, puis Mourier, puis Verlen, puis Thomas, puis Duon |
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Brehan, puis Laflèche, puis Sotta, puis Berthe, puis Jourdain. |
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Paulin, puis Veuve Perrin |
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Veissière ( ingénieur), Comte de Fontanes |
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Partie de l’immeuble sur la rue de Tournon |
Gauche |
Droite | |
Entresol |
Jallot, puis Gruau (architecte) puis Pottier (Colonel en retraite bail 1876), puis Fallières *** ( député, bail 1882) |
Vicomte de Carne ( bail 1840) puis Veuve Mercier ( bail 1874), puis Augrand ( bail ?) et la Veuve Denis Guilbert | |
1 er étage |
Cara Devaux ( Bail 1873) ***, puis Poulet ( Ingénieur , bail 1886 ) puis Veuve Busquet, bail 1889. |
Corogna – Bey (de ) ( bail ?) , Poussainvielle (de ) (bail 1875), Charles Oster*** ( bail 1895) | |
2 ème étage |
Guillon, sous –loué à Cherbuliez*** en 1884,puis loué à Cherbuliez en 1889. |
Guillon Veuve (bail ?) puis Audibert ( Directeur général, bail 1872) | |
3 ème étage |
Bousquet Eugène (bail 8 janvier 1876), puis Dussouchet *** ( bail avril 1885) |
Hesart, Vve Plasnol | |
4 ème étage |
Marmier, Philippe, Nicourt, Radau *** |
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Partie de l’immeuble, cour fond droite |
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Rez de chaussée ( cuisine divisée ) |
Montdésir (de ) |
1 er étage |
Montdésir (de)(bail 1879) |
2 ème étage |
Docteur Bertrand, puis Baudrillart ( bail 1891) puis Benoist ***(bail 1894) |
3 ème étage |
Flassine ? ( bail 1888), puis Carré Etienne (agent de la Compagnie générale , bail ?) puis Gracy (de) (bail 1891, puis Monceaux (bail 1898 )*** |
4 ème étage |
Collet, Burkel,Poujol/ Massena, Martin (voyageur)/ Basfour, Genin |
5 ème étage |
Lemenu/ Dlle Ducros/Le Rest, Delachaumelle / Crespel/ Esquoy |
Cour |
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Appartement fond cour ½ enterré |
Docteur Saulinier (bail 1876), Veuve Oster ***(bail 1889) |
Appartement accédé par perron (10 marches) |
D° |
Partie de l’immeuble fond gauche cour |
Gauche |
Droite |
1er étage |
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Benoist |
2 ème étage |
Dame Jarre (rentière) |
David Sauvageot*** |
3 ème étage |
Geraldy,puis Gresland,puis Baudrillard Vve. |
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4 ème étage |
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Greslin, Paussoy, Chabrier, Docteur Jouin , Leroy, Cherbuliez ***, Poirier Prosper, l’Ourel (retraité) , Philippe, Mondésir (de) |
5 ème étage |
Dlle Brunet, Laumel, Dlle Riondel | |
Les dates entre parenthèses font foi par ailleurs de la résidence au 12 rue Tournon |
Eléments d’identification |
Autres commentaires |
Charles BENOIST |
Né le 31 janvier 1861 à Courseulles, Calvados ; Etudes au Lycée de Caen 1871-1878 ;Professeur à l’Ecole libre des sciences politiques 1895 ;Député de la Seine ( Progressiste) Paris VIème arrondissement, 1802-1819 ; Membre de l’Institut de France (Académie des sciences morales et politiques 1908) ; Ministre de France aux Pays - Bas 1909 -1924 Ministre plénipotentiaire ; Décédé en 1936, |
Rédacteur politique à la Revue des deux mondes 1916 ;résidences à Courseulles sur mer et à Automne près de Meaux (Seine-et-Marne) |
CARA- DEVAUX ( 1850-1851) |
Juge à la 5ème chambre du Tribunal de 1ère instance de la Seine |
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DELACHAUMELLE (1861) |
Membre titulaire liste générale des membres de la société internationale des études pratiques d'économie sociale, 1861 |
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DUSSOUCHET Jean –Jacques (1899) |
Professeur au Lycée Henri IV , coauteur d’un cours de grammaire française fondé sur l'Histoire de la Langue, Hachette et Cie, Paris, 1899 |
Vice-président de l'Association Valentin Haüy . |
Clément- Armand FALLIERES (1871) |
Ministre de l’instruction publique en 1870 |
Député en 1876 ; Sénateur de 1892 à 1899, Président du Sénat 1899..Président de la République 1906. |
Victor CHERBULIEZ |
Auteur d’une d'une trentaine de romans, dont la plupart sont aujourd'hui oubliés. Cherbuliez mourut en 1899 à Combs la Ville. Il |
La librairie Cherbuliez |
O. COUCHE ( 1876) |
Conseiller d' Etat , Secrétaire général du Ministère des Travaux publics |
Ingénieur ordinaire de 1re classe des mines. |
Paul MONCEAUX (1905) |
Professeur au Lycée Henri IV |
Articles |
Aggar de NEUBOURG ( 1855) |
Mentionné par la Société nationale d'horticulture de France, Société d'horticulture de Paris, Société impériale et centrale d'horticulture Publié par Société nationale d'horticulture de France., 1858 |
1836—Jardins de France Notes sur l'article: v.4 1858 |
Désiré NISARD (1867) |
Membre de l’Académie française (éloquence latine ), membre de l’académie de Reims |
Professeur au collège de France de Paris, membre de l’ association pour l’enseignement des études grecques en France |
Ph. J et Mme. OSTER (1863) |
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Mme Oster (Claire) Secrétaire et Déléguée générale du Patronage des détenues et libérées |
PEYNAUD ( 1867) |
Commissaire priseur |
Non mentionné dans l’inventaire |
Rodolphe RADAU |
Membre de l’Institut l'Académie des Sciences, dans la section d'astronomie, né à Angerburg (Prusse) en 1834. |
Date de l’admission à la société mathématique de la France :1872 |
Albert DAVID SAUVAGEOT |
Professeur au collège Stanislas, lauréat des concours d’agrégation. |
Ennemis d’enfance, Armand Colin et Cie, Editeurs (1891), Le réalisme et la naturalisme dans la littérature et dans l’art (1889) |
Qui habitait le 12 rue de Tournon entre 1820 et 1870?
Qui demeurait au 12 rue de Tournon entre 1820 et 1870 ?
Description de l’immeuble par l’administration (1853):
Le 12 rue de Tournon appartient [ depuis le 30 octobre 1820 ] à Madeleine Masseron, mariée sous le régime dotal avec convention, de réserve pour ses biens propres, soit un régime matrimonial qui tend vers la séparation de biens, avec le Comte d’Houdetot [celui-ci décédera le 20 janvier 1859], domiciliée au 10 rue de Londres à Paris IXème . Cette propriété a son entrée par une porte cochère. Elle est composée de plusieurs bâtiments.
1° Un corps de logis sur rue, double en profondeur, élevé sur caves, d’un rez de chaussée, d’un entresol, trois étages carrés, un quatrième en attique, un cinquième sous comble ; bonne construction en pierres, moellons, pans de bois, escaliers très commodes, neuf fenêtres de face.
2° Corps de logis au fond de la cour, doubles en profondeur, élevé d’un étage dessus souterrain , d’un rez de chaussée, de quatre étages carrés, cinquième sous comble, même construction que les précédents escaliers, commodes et très bien éclairés.
Les deux corps de logis qui précèdent sont réunis par deux ailes simples à droite et à gauche, d’une cour spacieuse. La façade sur rue de Tournon est décorée de pilastres et de corniches. A la suite du bâtiment du fond, il y a un jardin, le tout moyennant 70 locataires ( cet immeuble est en effet consacré à la location).
Ne sont pas recensés pour cet inventaire les deux locaux commerciaux.
Cour |
Gauche |
Droite |
Remises pour deux voitures |
Richerand (de ), Cauchy |
Perigny (de ), Le Verrier |
Partie de l’immeuble sur la rue de Tournon |
Gauche |
Droite | |
Entresol |
Girod de l’Ain *** |
Périgny (de ) | |
1 er étage |
Cauchy Eugène *** |
Richerand (de ) | |
2 ème étage |
Cauchy Eugène |
Cauchy Eugène | |
3 ème étage |
Ansart , Ismen, Polydore ( Commissaire priseur ) |
Lambert ( ancien juge) ***puis Mme Pénard sa mère. | |
4 ètage |
Lambert, Coulier, Cauchy, Ansart, Galiot, Lomel, Voisin, Bonnot | ||
5 ème étage |
Testu, Cauchy, Richerand (de ), Gallois, Girod de l’Ain | ||
Partie de l’immeuble cour, fond droite |
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Rez de chaussée ( cusine divisée ) |
Montdésir (de ) |
1 er étage |
Montdésir ( Colonel au Génie ) *** |
2 ème étage |
Guignon ( Commissaire aux comptes) |
3 ème étage |
à gauche : Martel (Artiste peintre) à droite, Gueneau de Mussy*** |
4 ème étage |
Dufailly |
5 ème étage |
Cauchy Eugène, Guignon |
Cour |
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Appartement fond cour ½ enterré |
Leverrier puis Bruneaud , Docteur en médecine |
Appartement accédé par perron |
Leverrier , puis Bruneaud , Docteur en médecine |
Partie de l’immeuble, cour fond gauche |
Gauche |
Droite |
2 ème étage |
Lachaumel (rentier) |
Rousseau (avocat ) |
3 ème étage |
Moufflard , puis Geraldy |
Real ( homme de lettres) **, puis d’Hamel |
4 ème étage |
Guilbour |
Cauchy Eugène |
5 ème étage |
Champion (garde) | |
Dates (entre parenthèses) justifiant à partir d’autres sources de la résidence au 12 rue de Tournon |
Commentaires |
Ismen, Polydore ANSART (1851) |
Commissaire priseur, vendeur, expert de la Chambre des commissaires-priseurs, né en octobre an 9 (1801) décédé en 1855. Epoux de Lucie Hamel . |
Isabelle ( ?) BERENGER (1828) |
Comédienne, débuta à l'Odéon le 12 janvier 1828, joua au Gymnase puis à la Comédie française, non mentionnée sur cet inventaire |
Jules, Evariste, Joseph CARDON DE MONTIGNY ( 1830) |
1804 (Arras) – 1862 ( Le- Mont- d’Or) ; Auditeur de seconde classe, nommé au Conseil d'Etat (cour royale de Paris) le 1er août 1810, sous-préfet à Arras de 1811 à 1814 ;. En 1841, il habite 10 rue de Babylone. Fait Baron de Montigny en 1811., non mentionné sur cet inventaire |
Louis-François CAUCHY (1828) |
( 1760- ?) Avocat au parlement de Normandie secrétaire général du Sénat le 1er janvier 1800 . A partir de 1814, a continué près de la Pairie, avec le titre de garde des registres et archives, des fonctions analogues à celles qu'il remplissait près du Sénat. Il joignait à ce titre celui de garde des archives des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit |
Eugène, François , CAUCHY , ( 1850) |
Fils de Louis-François, ( 1802- ?) Garde des registres adjoint de la Pairie.Il succéda à la charge de son père en 1831. Il participait en même temps aux travaux du Conseil d'État, d'abord comme auditeur, puis comme maître des requêtes. Il a continué ces doubles fonctions jusqu'à la suppression de la Pairie en février 1848. .. Auteur du « Duel considéré dan ses origines dans l’état actuel des mœurs »,publié chez Hingray rue de Seine, 1846. |
Alexandre – Laurent CAUCHY (1850) |
Fils de Louis François ( 1792- 1857), conseiller-auditeur à la Cour royale de Paris, conseiller à la même Cour |
COMPANS ( 1829) |
Avocat, non mentionné sur cet inventaire |
DEPIERRE (1835) |
Comte, ancien capitaine de frégate, non mentionné sur cet inventaire. |
Gaspard Amédée [ Louis] GIROD ( DE L’AIN ) ( 1845) |
(1781-1847). Procureur impérial à Alexandrie, auditeur au conseil d’État, puis en 1811 avocat général à la cour impériale de Paris En 1827, il fut élu député dans le 2e arrondissement électoral d'Indre et Loire : Chinon. Pair de France en 1832 puis Président du Conseil d’Etat. Il exerça une grande influence à la Chambre des pairs jusqu'à sa mort. |
GUENEAU de MUSSY ( 1829) |
Médecin Ordinaire du Roi, Membre de l’Académie de médecine (section de physique et de chimie médicales) ; médecin de l'Hôtel-Dieu ; reçu docteur à Paris en 1803 ; consulte de 10 heures à midi. |
Noêl GUENEAU de MUSSY (1829) |
Docteur en médecine, (neveu du précédent); ancien chef de clinique de la Faculté à l'Hôtel-Dieu ; médecin du Bureau central , Rue Garancière n° 13 ; consulte de 11 heures à 1 heure.. |
Augustin, Guillaume JOSSE (de) BEAUVOIR ( 1826) |
(1771 + 1853) Député de 1815 à 1827 ; Officier de la légion d’honneur ; Membre du Conseil-général de Loir- et Cher. Cour des comptes : Conseiller maître de la troisième chambre ; C’est lui qui a donné un cacher historique au « Comité de la Rue de Tournon » où deux royalistes, deux libéraux et un doctrinaire délibéraient et votaient sur la destinée de feuilles d’information ; locataire non mentionné sur cet inventaire. |
Auguste LAMBERT (1850) |
Avocat à la cour d’appel |
PIERRON de MONDESIR |
Cette famille restera locataire au 12 rue de Tournon jusqu’en 1970 environ . |
Jacques Nicolas Augustin THIERRY/ ( 1848) / Amédée, Simon, Dominique THIERRY, |
Jacques, Nicolas est un historien ( 1795-1856) . son frère Amédée ( 1797-1873) a été membre de l’Académie des Sciences morales et politiques.. Non mentionnés sur cet inventaire. |
jeudi 19 mars 2009
Qui habitait le 12 rue de Tournon jusqu'en 1819?
Qui demeurait au 12 rue de Tournon jusqu’en 1819 ?
Entre la date de construction (1777) et le début de la Révolution, on possède encore peu d’éléments sur les locataires de l’immeuble que Michel Neveu architecte entrepreneur occupait avec sa famille, en logeant très probablement dans le grand appartement accessible par le perron de la cour donnant aussi sur le jardin. On sait néanmoins que le 6 janvier 1785, Marie Geneviève Rousseau agissant en vertu d’une procuration de son mari Michel Neveu a conclu un contrat de bail avec Marie Anne Françoise Mouchard, veuve du Comte de Beauharnais, demeurant au couvent de la Visitation rue du Bacq.
L’appartement donné en location qui est probablement celui qui se situe au-dessus de celui dont il vient d’être question est décrit dans le contrat de bail comme suit « Un appartement au 1er étage entre cour à main gauche en entrant dans une grande maison, consistant en une grande antichambre éclairée d’une grande croisée sur la cour, un cabinet de toilette éclairé d’une croisée aussi sur la cour, un petit escalier pour monter à l’entresol pratiqué au-dessus du cabinet de toilette, un grand salon en face de la porte de l’antichambre éclairé de deux croisées donnant sur le jardin, une chambre à cheminée à côté du salon éclairée d’une grande croisée donnant sur un passage, une cuisine à l’entresol à droite en montant l’escalier, éclairée d’une grande croisée, donnant sur la cour, chambre à cheminée au quatrième au fond d’un corridor éclairée d’une croisée sur le jardin, deux grandes chambres au cinquième de deux lits chacune à côté l’une de l’autre et du petit garde meuble, deux caves au-dessus du passage, le droit d’entrée de la grande cour pour les voitures qui viendraient chez Madame « Preneuse » , le droit de passage par la porte donnant sur la rue Garancière. Le bail est consenti pour 1 .450 livres pour une durée de 6 ou 9 ans. Le premier paiement interviendra en octobre 1785, le second le 1er janvier 1786 ».
Pour s’y bien loger la Comtesse avait fait exécuter des travaux de peinture par Lecomte qui lui avait peint son salon en gris alors qu’elle l’aurait voulu blanc. Contestant la qualité des travaux, elle a assigné l’entrepreneur en référé. Le 20 septembre 1785, Pierre Taboureau expert est venu faire l’état des lieux.
Même avait porté déjà avant la révolution le n° 12, il s ’était vu attribuer pour la période comprise entre 1790 et 1805 (décret du 15 pluviôse an XIII), le numéro 1126 dans la rue de Tournon. Il était compris dans la section du Luxembourg, l’une des plus révolutionnaires de la capitale. Le dernier chiffre 6 paraît correspondre au sixième district de Paris qui en comportait 48. En l’an III ( 1795) deux membres de la section Mucius Scaevola habitaient cette rue : Jourdain ( Philippe- Nicolas), rentier au n° 1163, Jallot, marchand de vin au n° 1180. En l’an XII ( 1804) Jean- Baptiste Say habitait au n° 1125. Jusqu’en 1860, la rue de Tournon fera partie du 11ème arrondissement de Paris qui n’en comptait alors que 12. Le siège de la mairie de cet arrondissement qui comprenait le Luxembourg ( 41èmequartier, l’Ecole de Médecine ( 42ème quartier), la Sorbonne ( 43ème quartier) et le Palais de Justice ( 44ème quartier) se trouvait 10 rue Garancière.
Description de l’immeuble pour les besoins de la procédure d’adjudication de 1819, effectuée par Me Cottenet notaire à Paris, rue Saint Honoré n° 340.
Cet hôtel [ dénommé dans les actes « Hôtel de Tournon »] se trouve faire partie des biens qui se sont trouver dépendre de la succession du défunt sieur Jean Baptiste Lesage père et appartient, savoir :
- 1°A ma dite Dame Cellot,
- 2°Au dit sieur Jean – Baptiste Lesage,
- 3°A ma dite dame Leveque [ Pothin -Leveque],
- 4°Augustin, Alphonse Lesage,
- 5°Jean – Baptiste, Edouard Lesage,
- 6°Marie Zoé Lesage
- 7° Marie Léonide Lesage.
Cet hôtel a sa principale entrée sur la rue de Tournon, par une grande porte et se compose :
Premièrement, d’un principal corps de logis double en profondeur, ayant face sur la rue de Tournon et élevé sur caves, d’un rez- de- chaussée, d’un étage en entresol et de trois étages supérieurs carrés et surmontés d’un comble à deux égouts et lambrissés.
Deuxièmement, de deux bâtiments en aile, ayant face sur la principale cour et en retour d’équerre sur le précédent, l’un à droite, l’autre à gauche, en entrant dans la cour, de même élévation que le corps de logis sur la rue, terminé par un comble en appentis et lambrissé
Troisièmement, d’un corps de logis au fond de la cour, et entre cour et jardin, ce corps de logis élevé sur un soubassement formant souterrain, d’un rez de chaussée surmonté de trois étages carrés, terminé par un comble à deux égouts.
Quatrièmement, d’un jardin à la suite de ce corps de logis, d’un bâtiment dit le « Commun », ensuite du jardin et pour le service des courriers, ayant une entrée particulière sur la rue Garancière n° 15 [ sera numéroté par la suite n° 13], par une porte cochère. Ce dernier corps de bâtiment étant en face de la porte cochère et l’aile en retour d’équerre se prolongeant sur la rue Garancière, sont élevés d’un étage carré au –dessus du rez de chaussée surmonté d’un comble avec égout, et enfin de deux cours avec pompes et puits.
L’Hôtel de Tournon sera attribué à Madeleine Masseron, Vicomtesse d’Houdetot, demeurant 19 rue Hauteville à Paris.
Partie de l’immeuble sur la rue de Tournon |
Gauche |
Droite | |
Entresol |
Saint Aubin |
Vve Jean –Baptiste Lesage ne Marie –Jeanne, Sophie Gravier et ses enfants mineurs. | |
1 er étage |
Chaumont (de ) |
Gerbé | |
2 ème étage |
Pajot |
Chaumont (de ) | |
3 ème étage |
Lucas ( de Montigny)*** |
Crussy (de) | |
4 ètage |
Chambres dépendant des appartements Gerbé et de Chaumont | ||
Partie de l’immeuble cour, fond droite |
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1 er étage |
Gondoin *** |
2 ème étage |
Lemesle |
3 ème étage |
à gauche : Allard ou Rolland à droite, Leroy |
4 ème étage |
Jean Baptiste Edouard Lesage |
Cour |
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Appartement fond cour ½ enterré |
Herwyn de Névèle *** |
Appartement accédé par perron |
Herwyn de Névèle |
Partie de l’immeuble, cour fond gauche |
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2 ème étage |
Descarte |
3 ème étage |
Parent Real *** |
4 ème étage |
Rives |
Dates (entre parenthèses) justifiant à partir d’autres sources de la résidence au 12 rue de Tournon (1126 rue de Tournon selon la notation de révolution ) |
Commentaires |
BOUVIN (1817) |
Lieutenant général de la 11 ème légion de la garde nationale, sous chef de bureau à la Chambre des Pairs |
CAILLE Aimé( an XII) |
Médecin de l’ancienne faculté de Paris, citoyen peut être auteur des Mémoires fur les fièvres rémittentes & intermittentes qui ont régné en 1781. |
COTTU- MILLION ( an X) |
Citoyen porteur d’un projet un mémoire sur les garanties mutuelles entre contre les incendies présenté s débattu au Tribunat le 6 Floréal an X. |
DELACROIX ( 1810) |
Juge à la cour d’appel de Paris. |
DESGENETTES René,Nicolas ,DUFRICHE ( 1804) |
( 1762-1837) médecin en chef des armées française sous l'empire, s'est illustré principalement dans l'expédition d'Egypte. Professeur à l’Ecole de Médecine , non mentionné sur cet inventaire. |
DEYEUX Nicolas ( an IX) |
( 1745- 1838) Pharmacien en chef de Napoléon, ancien compagnon d’Egypte, organisation de la production de la betterave sucrière, professeur de chimie à la faculté de médecine ..Membre de la société libre des pharmaciens de Paris, membre de l’Institut national des Sciences et des Arts,. non mentionné sur cet inventaire. |
DUCIS Jean-François ( 1795) |
( 1733- 1816) Ecrivain et poète. En 1778, il remplace Voltaire à l’Académie. Il décède à Versailles, non mentionné sur cet inventaire. |
DUFOUR Jacques Edméé Gabriel . (an IX) |
Libraire au 1126 rue de Tournon , non mentionné sur cet inventaire. |
FRANCK (Georges) ( 1772) |
Agrégé d’Histoire, non mentionné dans cet inventaire. |
GONDOIN Jacques ( an IX) |
(1737-1818), élève de Blondel Artiste ; Membre de l’académie royale des beaux arts ; A construit l'École de médecine et une partie de la colonne de la Place Vendôme, terminée le XV août 1810 ;non mentionné sur cet inventaire. |
HERWYN de NEVELE Pierre, Antoine ( an XII) |
( 1753- 1821) Comte, En l’an VIII député du département de la Lys.Pair de France nommé en 1814, contemporain de Frédéric d’Houdetot à la Chambre ( 1815 seconde restauration), époux de mademoiselle Van der Meersch, de l'ancienne famille belge de Névèle, dont il se fit légalement autoriser à prendre le nom et les armes ; habitait précédemment rue de Bellechasse n° 224. |
****HOUDETOT , Sophie de la Live de Bellegarde comtesse d’Houdetot / ****MASSERON , Madeleine, épouse du Baron , puis Vicomte Frédéric - Christophe d’Houdetot, devenu Comte d’Houdetot. |
****Madeleine / Magdeleine (de ) Masseron, [ 1792 -1870) vicomtesse, puis comtesse d’Houdetot, n’a jamais habité le 12 rue de Tournon. Le bien du 12 rue de Tournon a été acquis en 1820 par Madeleine Masseron à titre d’investissement. .Le domicile du Comte Frédéric d’Houdetot et de son épouse Madeleine a été le 10 rue de Londres dans le neuvième arrondissement où ils sont décédés tous deux. ****En ce qui concerne Sophie d’Houdetot, il est plus que douteux que celle-ci ait même résidé rue de Tournon. Le fait que l’on ait pu situer le décès de cette dernière au 12 rue de Tournon paraît très difficile à établir compte tenu des commentaires inverses qui ont été faits à ce sujet par ailleurs, notamment les travaux de Buffenoir . De son côté, Girault de Saint-Fargeau dans « Les Quarante-huit Quartiers de Paris » indique que Saint-Lambert est mort à Paris le 9 février 1803, chez Mme d'Houdetot,—à l'hôtel de Beauvau, rue du faubourg Saint-Honoré, 83, division des Champs-Elisées ( repris dans les écrits de Me Vingtain notaire, Faubourg Saint Honoré n° 87 en 1813). On pourrait établir le décès de Sophie d’Houdetot, intervenu le 28 janvier 1813, dans l’immeuble de la rue de Tournon, à la condition de prouver qu’elle y ait été locataire de la famille LESAGE propriétaire de l’immeuble, cette dernière y logeant plusieurs de ses membres....Or rien ne peut établir une telle preuve. |
LUCAS de MONTIGNY Jean – Marin -Nicolas (1820) |
(1782-1852) Fils de Jean-Robert-Nicolas Lucas de Montigny, sculpteur. Il fut élevé dans l’entourage de Mirabeau qui était fort probablement son vrai père. Fonctionnaire à la Préfecture, deuxième division, 1er Bureau, il était chef de bureau de l’administration communale. En 1844, il est Conseiller à la Préfecture, décoré de la légion d’honneur et habite au 91 rue du Cherche Midi. Marié en 1809 avec Lise Rolland. Il est enterré au Père Lachaise. |
PARENT – REAL Nicolas, Joseph, Honoré, Marie (1799) |
(1768 Ardres [62], 1834 Paris), Député du Pas de Calais à l’Assemblée nationale (15/04/1799-26/12/1799 ; Avocat à la Cour de Cassation, non mentionné sur cet inventaire. |
PAGANEL Camille, Pierre, Alexis (1816) |
( 1795 + 1859) Avocat à la Cour royale ; Député 1834-1846.Ouvrages : L. Annœi Flori Epitome rerum romanarum (1823) ; le tombeau de Marc Botzaris ( 1826) ; politique financière de l'Autriche. - Histoire de Joseph II, empereur d'Allemagne ( Revue des Deux-Mondes, 1831) ; Commandeur de la Légion d’Honneur . non mentionné dans cet inventaire |
PAJOT-DORVILLE (1810) |
Greffier en Chef de la Cour des Comptes, décédé en 1862. ;;non mentionné sur cet inventaire , |
PIA Nicolas ( 1790) |
Echevin de la ville de Paris, fondateur, directeur des établissements de secours à donner aux asphyxiés, non mentionné sur cet inventaire. |
ROYER –COLLARD Pierre – Paul ( 1799- 1815) |
( 1763 + 1845). Après son mariage en 1799 avec Augustine de Forges-de-Chateaubrun, Royer-Collard vint demeurer à Paris, rue de Tournon, n° 12, où il resta jusqu'en 1815. Les bureaux de la direction générale de l'imprimerie et de la librairie furent établis au n° 4 de cette même rue..Non mentionné sur cet inventaire , |



