1.- Les anciennes maisons des rues de Tournon, Garancière, Servandoni, Palatine, de Vaugirard, et de Sèvres.

Notices faisant partie de l'ouvrage intitulé :les anciennes maisons de paris sous Napoléon III, par Charles Lefeuve, publié par au  Bureau des Anciennes maisons de Paris sous Napoléon III, 1863. La famille d'Houdetot reste propriétaire du n° 12, le dernier domicile de la comtesse d'Houdetot, que l'amour a rendue célèbre un demi-siècle avant sa mort. Cette maison, reconstruite par l'architecte Neveu, qui demeurait là sous Louis XVI, était au XVII ème siècle le grand hôtel d'Entraigues. Le petit du même nom répond au chiffre 14. Balzac d'Isliers, marquis d'Entraigues, les transmit à son fils et à son petit-fils, qui épousa Anne de Rieux. Les créanciers de Rousseau, qui avait acheté en 1699, transportaient quarante ans après la propriété tout entière à Bergoignon, simple traiteur.

Nota : L’Hotel d’Entraigues se situe  au 118 Faubourg Saint Honoré.En 1776, Claude Germain Armand céda le nouvel hôtel qu’il venait de construire à Jules-César de Crémeaux, marquis d’Entragues ( -1780), maréchal des camps et armées du roi et grand fauconnier de France qui y abrita ses riches collections.

2.- On note dans l’acte d’érection du fief de Beaulieu à La Ville-du-Bois le fait du domicile de Léon de Balsac d’Entragues rue de Tournon « Haut et puissant messire Léon de Balsac d'Illiers, chevalier, marquis d’Entragues, seigneur de Marcoussis, ...., demeurant à Paris rue de Tournon, paroisse Saint-Sulpice, lequel désirant témoigner à Claude Érard, avocat, propriétaire d'une maison et de plusieurs héritages sçis en la paroisse de Nausay au lieudit La Ville-du-Bois, dépendant de la terre de Marcoussis ».

3. Promenades d’architecture et d’histoire : Saint Germain  des Près et son  Faubourg , Evolution d’un paysage urbain, Dominque Leborge,  Parigramme, 2005
A l’emplacement du Grand Hôtel d’Entragues, datant de 1730, Charles Neveu, architecte –expert entrepreneur , reconstruisit cette maison pour lui – même en 1776 – 1778. Jacques Germain Soufflot qui lui procura un branchement d’eau sur le réservoir du Luxembourg , collabora peut –être à la conception de l’édifice : quatre corps de bâtiments se répartissent autour d’ une cour rectangulaire, selon une formule intermédiaire entre l’ hôtel particulier et l’immeuble ,de rapport. Sur la rue, la façade monumentale de neuf travées, soulignée de refends, comporte des bandeaux, des balcons et balconnets à balustre  ou en fer forgé, des appuis de fenêtre sur consoles, une corniche à modillons, tous éléments soigneusement exécutés.
La rue, plus large à cette hauteur , offre le recul nécessaire pour admirer le motif qui centre sa composition : la baie à tabernacle couronnée d’un fronton curviligne  repose sur des consoles finement sculptées d’acanthes.

4.- Sources du blog

A l’origine, la  nouvelle construction avait appartenu,   ainsi que ses dépendances,   pendant 13 ans à Michel Neveu et son épouse Geneviève Rousseau qui l’avaient fait construire sur une partie du terrain où avaient été édifiés le siècle précédent le Grand et le Petit Hôtel d’Entragues. Le fait que les ouvrages d’architecture mentionnent le nom de Charles – Henri Neveu comme architecte du nouvel immeuble, reste donc une énigme au stade actuel de nos recherches. Les époux Neveu en avaient  acquis la propriété en l’achetant à  Dame Marie Jeanne Lafont, veuve du sieur Antoine Bergoignon, traiteur de sa profession   le 6 mai 1774. Madame  Bergoignon  était  venue aux droits de son mari décédé qui aurait lui –même acheté l’Hôtel d’Entragues et le jardin attenant en 1739 à un  certain Rousseau poursuivi par ses créanciers , ce dernier ayant acquis le bien en 1699. Le Sieur Neveu et la Dame Neveu avaient obtenu lors de la vente des lettres de ratification du séquestre des revenus de l’abbaye de Saint Germain des Près, ainsi que la levée de différentes oppositions, ce qui laisse penser que l’état des finances de Madame Bergoignon n’était pas non plus fameux.
Puis, Jean –Baptiste Lesage en avait fait l’acquisition  auprès des époux Neveu,  le 16 février 1787,  pour une  somme de 340.000 francs,  selon l’acte reçu par le notaire,  et ensaisiné le même jour par Me Lambousse, fondé de procuration du séquestre des revenus de l’abbaye de Saint Germain des Près.
En août 1820,  Madeleine Masseron,  fille de  feu Alexandre Pierre Jean Masseron, Conseiller au Parlement de Normandie et de Françoise Magdeleine Sebire de Boislabé, épouse séparée de biens du Vicomte Frédéric Christophe d’Houdetot,   se porte à l’adjudication de la vente de l’immeuble et de ses dépendances , et l’achète à la succession Lesage pour 320.000 francs. Elle n’ y habitera cependant  jamais, pas plus que la grand-mère de son mari, Sophie d’Houdetot,  née Lalive de Bellegarde,   n’ y a jamais résidé. Sophie Lalive de Bellegarde mourra rue Saint Honoré. Madeleine Masseron décèdera en 1870 dans sa maison au 10 rue de Londres à Paris, sans postérité,  Son  patrimoine sera par conséquent attribué  à de lointains cousins ( septième degré de parenté pour la ligne paternelle , huitième degré pour la ligne maternelle).Les  descendants de la  ligne paternelle se porteront à l’adjudication du 12 rue de Tournon,  dont ils paieront probablement le prix avec le produit provenant de la revente d’autres biens de la succession sis à Paris et Rouen et  vendus à la Chambre des Criées du Tribunal civil de 1ère Instance de la Seine  . Jusqu’à la fin des années 70, l’immeuble du 12 rue de Tournon restera en  indivision entre les descendants de la ligne paternelle , soit une durée de possession exclusive de 150 ans. A cette même époque,  l’immeuble de la rue Garancière a été vendu au Sénat.