"Frédéric d'HOUDETOT et Madeleine MASSERON 1778-1870, Entre Lumières et Ombres" de Jean Hesbert HOUD, 2011, 16 x 24, 394 p., 24,90 €

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Le mercredi ler mai 1811 se célèbre à Paris, le mariage religieux de Frédéric-Christophe d'Houdetot, préfet de l'Escaut et de Madeleine Masseron, dans une petite chapelle de la rue Saint-Louis-au-Marais. Frédéric est le petit-fils de Sophie-Elizabeth La Live de Bellegarde, l'amie platonique de Jean-Jacques Rousseau, celle que les littérateurs désignent comme la Comtesse d'Houdetot. Madeleine est la fille d'un éphémère conseiller au parlement de Rouen qui, malmené pendant la Convention, connaît les geôles rouennaises et parisiennes. Sa femme, Magdeleine Françoise, très fortunée,, divorce en son absence. Il décède peu après son retour, à Rouen. Les mariés sont orphelins. Ils ont en commun : - lui, d'avoir perdu sa mère, Louise Perrinet de Faugnes quand il avait trois ans : - elle, son père, Alexandre Masseron, à peu près au même âge. C'est aussi l'union de deux familles d'origine normande : les Houdetot sont de Haute-Normandie ; les Masseron ont leurs racines en Basse-Normandie. Là s'arrêtent les similitudes. Les Houdetot ont l'essentiel de leur vie à Paris. Les salons de la Comtesse attirent les plus beaux esprits de la fin du XVIIIe siècle. C'est une famille bien en vue. Mathieu Molé épouse Caroline de La Briche, cousine de Frédéric-Christophe. Derrière Madeleine Masseron se cache une mère dévorée d'ambition pour sa fille et très habile en affaires: Magdeleine Françoise Sébire de Boislabbé, qui a bien compris que l'avenir de sa fille passait par Paris. Tout semble réuni pour que cette union soit une réussite : - le mari, conseiller d'État, deux fois préfet en Belgique, puis dans le Calvados, pair de France, député à l'Assemblée nationale législative de la Seconde République et député au Corps législatif du Second Empire, de plus honoré de bien d'autres distinctions, - l'épouse bien jolie, un tendron de 18 ans, mais à peine de petite noblesse provinciale. Pourquoi alors Frédéric-Christophe d'Houdetot, baron de l'Empire, puis vicomte et comte, a-t-il épousé Madeleine Masseron ? Madeleine ne lui donne pas de descendant. C'est le drame de leur vie. Frédéric Christophe déploie alors une activité en tous sens. Elle mène pour sa part une existence sans lustre, encore que dans les salons elle gomme ses origines bien discrètes en se faisant appeler Pauline-Adélaïde Le Masseran. Celui qui éclairait le couple disparaît en 1859. C'est là pour une femme qui vit dans l'ombre, le début d'une période de pleine obscurité de onze ans, en retrait des mondanités de sa belle-famille. Elle décède en août 1870, délaissée de tous. Signe de l'échec de sa vie, elle laisse son patrimoine aller à ses ayants-droit au 7ème et 8ème degré dont elle ignore tout. C'est une aubaine pour Véronique Poirier-Ledesdet, issue d'une modeste famille de paysans des Pays de l'Ouest, qui peut se faire attribuer le bel hôtel du 12 rue de Tournon achevé de construire en 1778 par Michel Neveu. 

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